Le coût du camouflage
Essai sur ce que le masking prélève au travail, et ailleurs
Il y a un travail qu’on n’apprend nulle part et qui pourtant occupe, chaque jour, des millions de personnes autistes : faire passer pour naturel ce qui ne l’est pas. Cet essai en suit la trace, du geste minuscule à l’effondrement, pour montrer ce que le lieu de travail prélève, sous le mot poli de bonne adaptation.

I. Une compétence qu’on n’enseigne nulle part
Il existe un travail invisible que la plupart des personnes autistes accomplissent avant même la première réunion du matin. Il commence dans l’ascenseur, parfois plus tôt, dans le miroir de la salle de bain. Il consiste à régler la voix d’un cran plus haut, à se rappeler que les sourcils doivent bouger pendant qu’on écoute, à recharger un répertoire de phrases pré-fabriquées (« comment s’est passé le week-end ? », « oui, complètement débordée moi aussi ») qui passent pour de la sociabilité ordinaire. Ce travail n’apparaît dans aucune fiche de poste. Il n’est ni rémunéré, ni reconnu, ni même nommé. Et pourtant il s’accomplit, chaque jour, dans des millions de bureaux, pendant des décennies parfois, jusqu’à l’épuisement.
La littérature scientifique l’a longtemps ignoré, puis nommé tardivement : camouflaging, masking, compensation. Les autistes eux-mêmes l’avaient nommé bien avant. C’est précisément cette antériorité de la connaissance vécue sur la connaissance académique qui rend ce dossier si singulier et si politiquement chargé.
II. Trois gestes pour disparaître
L’équipe de Laura Hull et William Mandy, à l’University College London, a proposé en 2019 une décomposition désormais classique du camouflage en trois composantes, opérationnalisées dans le Camouflaging Autistic Traits Questionnaire (CAT-Q ; Hull et al., 2019). La compensation désigne les stratégies actives qui suppléent aux difficultés sociales : observer les autres, apprendre des scripts, recopier des comportements, préparer mentalement des conversations. Le masking au sens strict (le port du masque) recouvre la surveillance permanente de soi : régler son contact visuel, contrôler ses expressions faciales, retenir un stim qui voudrait s’échapper. L’assimilation, enfin, est le travail d’agrégation à un groupe : forcer une participation, jouer un rôle, « faire semblant » avec assez de constance pour ne pas être identifiée comme différente.
Lue ainsi, la grille semble presque clinique. Vécue, elle est exorbitante. Elle suppose qu’à chaque seconde de présence professionnelle, une fraction non négligeable des ressources cognitives soit captée par un travail de doublure : observer ce que je fais comme si j’étais une autre, ajuster, corriger, recommencer. Ce que les neurotypiques font sans y penser, l’autiste masqué le fait en y pensant. La différence n’est pas de nature, elle est de coût.
III. Pourquoi on masque
Eilidh Cage et Zoe Troxell-Whitman ont montré, dans une enquête auprès de 262 adultes autistes (Cage & Troxell-Whitman, 2019), que les motivations relèvent de deux grandes catégories : des raisons conventionnelles (se débrouiller dans les contextes formels comme le travail, paraître professionnelle, garder un emploi) et des raisons relationnelles (éviter l’exclusion, conserver des amitiés, ne pas être rejeté). Les femmes autistes endossaient davantage les motivations conventionnelles, ce qui résonne avec ce qu’on sait du sous-diagnostic féminin : elles ont appris très tôt à beaucoup masquer, parce que le coût social de ne pas le faire était plus élevé.
Mais réduire le masking à une stratégie est en réalité une politesse théorique. Amy Pearson et Kieran Rose (2021) l’ont nommé sans détour : le masking est une réponse rationnelle au récit déficitaire qui entoure historiquement l’autisme, à la stigmatisation, et à ce qu’ils appellent « l’illusion du choix ». On ne choisit pas vraiment de masquer comme on choisit un vêtement. On masque parce qu’on a essayé, enfant, de ne pas le faire, et qu’on s’est fait corriger, moquer, exclure, parfois agresser. Le masque s’est installé, souvent avant qu’on ait les mots pour le décrire, comme une réponse adaptative à un environnement qui ne tolérait pas la forme autistique de la présence.
Cette précision conceptuelle change tout. Demander à une personne autiste pourquoi elle masque revient à demander à un gaucher du XIXe siècle pourquoi il a appris à écrire de la main droite. La réponse n’est pas dans la psychologie individuelle ; elle est dans la structure sociale.
IV. Le travail, comme amplificateur
Si le masking pèse partout, le lieu de travail en est l’amplificateur le plus brutal, pour au moins quatre raisons qui se cumulent.
D’abord, le travail prolonge le temps de port du masque sur de longues plages continues : huit, dix, douze heures où la possibilité de relâcher est nulle. Là où une soirée mondaine s’achève, la journée de travail se répète chaque jour. Ensuite, l’environnement sensoriel des bureaux modernes (open-spaces, néons, conversations qui se chevauchent, parfum des collègues, climatisation cyclique) constitue un fond de surcharge permanent que le masking doit absorber sans le laisser paraître. Troisièmement, les codes sociaux y sont à la fois plus rigides (politesse, small talk, présentations, team building) et plus implicites (humour de couloir, hiérarchies floues, micropolitiques) que dans la plupart des autres contextes. Enfin, les enjeux matériels (salaire, carrière, réputation, parfois titre de séjour) verrouillent toute possibilité de relâche. On ne décide pas d’arrêter de masquer à 14h un mardi.
L’organisation autistique américaine AANE (s. d.) le formule en termes simples : « les raisons du masking au travail n’ont presque rien à voir avec l’autisme lui-même ». Elles tiennent à la peur du jugement, à la crainte du harcèlement, à l’inquiétude pour la progression de carrière, et à l’absence d’aménagements ou de compréhension. Autrement dit : on ne masque pas parce qu’on est autiste, on masque parce qu’on est autiste dans un environnement non conçu pour l’être.
V. Ce que le masque prélève
Les méta-données sont accablantes, et concordantes à travers les méthodologies. Les études quantitatives associent un haut niveau de camouflage à la dépression, à l’anxiété, au stress, à l’anxiété sociale, à une moindre qualité de vie, et (c’est l’élément le plus grave) à l’idéation et aux comportements suicidaires (Beck et al., 2020 ; Hull et al., 2021). L’étude de Cassidy et al. (2018) avait déjà montré que le camouflage figurait parmi les prédicteurs les plus robustes de la pensée suicidaire chez les adultes autistes, indépendamment d’autres facteurs de risque ; ce résultat a été étendu par Cassidy et al. (2020). Une revue récente (Sedgewick et al., 2021) estime que 94% des personnes autistes ont camouflé au moins une fois dans leur vie, et qu’une part substantielle continue à le faire quotidiennement.
Le mécanisme n’est pas mystérieux. Maintenir une performance sociale continue, sous surveillance vigilante, mobilise les mêmes circuits que ceux qu’on engage dans un entretien d’embauche (sauf qu’ici l’entretien dure toute la journée, toute la semaine, toute la carrière). Le système nerveux autonome reste en hypervigilance, les ressources cognitives sont siphonnées par l’auto-monitorage, et l’identité elle-même finit par s’effriter. Qui suis-je sans le masque ? est une question que beaucoup d’autistes diagnostiqués tardivement décrivent comme l’une des plus désorientantes qu’elles aient eu à affronter, précisément parce qu’elles ne savent plus distinguer, parmi leurs comportements, ce qui leur appartient et ce qui appartient au personnage.
À cela s’ajoute un phénomène que la sociologue Devon Price a nommé la fatigue de la dissimulation : le coût spécifique de cacher, à chaque interaction, qu’on est en train de cacher. C’est une double charge (faire le travail, et masquer qu’on le fait) qui rend le masking qualitativement différent de la simple gestion des impressions décrite par Goffman pour les neurotypiques. Tout le monde se présente sous un certain jour ; les autistes, eux, présentent quelqu’un d’autre.
VI. Le burnout autistique : une entité distincte
C’est ici qu’intervient une notion qui a longtemps manqué à la littérature clinique, et que la recherche participative a fait émerger depuis 2020 : le burnout autistique. Dora Raymaker et son équipe, dans le cadre du collectif AASPIRE (Raymaker et al., 2020), l’ont défini comme « un état d’incapacitation, d’épuisement et de détresse dans tous les domaines de la vie », caractérisé par trois marqueurs distinctifs : l’épuisement chronique, la perte de compétences (souvent celles qu’on avait laborieusement acquises pour masquer), et une réduction marquée de la tolérance aux stimuli.
Trois choses sont importantes. Premièrement, le burnout autistique n’est pas le burnout professionnel. Il s’étend à tous les domaines de la vie (l’hygiène, l’alimentation, la parole parfois) alors que le burnout occupationnel reste, par définition, sectoriel. Deuxièmement, il n’est pas la dépression. Raymaker et al. notent que l’anhédonie caractérise davantage la dépression, tandis que l’épuisement extrême et la perte fonctionnelle dominent le burnout autistique. Troisièmement, le masking en est l’un des principaux carburants. Les études qualitatives le confirment de manière constante (Higgins et al., 2021) ; les études quantitatives plus récentes (Mantzalas et al., 2024) trouvent une corrélation modérée mais robuste entre niveau de camouflage et burnout autistique.
Les conséquences décrites dans les études (Arnold et al., 2023) sont parfois extrêmes : périodes de récupération de plusieurs mois ou plusieurs années, perte d’autonomie, ruptures de parcours professionnels, et (dans les cas les plus sombres) sans-abrisme et institutionnalisation. Pour des personnes qui, jusque-là, fonctionnaient bien, le basculement peut paraître brutal de l’extérieur. Il ne l’est pas. Il est l’aboutissement d’une dette allostatique qui s’est accumulée pendant des années, parfois des décennies, sous le masque.
VII. La dette allostatique du fonctionnement apparent
Ce que la formule populaire « mais tu n’as pas l’air autiste » refuse d’entendre, c’est qu’elle décrit en réalité la performance d’un travail. Avoir l’air non-autiste, pour une personne autiste, c’est exécuter en temps réel une chorégraphie complexe d’inhibitions et de simulations. Le compliment masqué (tu masques bien) est donc, à proprement parler, une commande de travail supplémentaire.
C’est ce que les personnes diagnostiquées tardivement, et particulièrement les femmes, décrivent avec une régularité saisissante : elles n’ont pas été épargnées par l’autisme parce qu’elles avaient l’air d’aller bien ; elles ont payé leur apparence d’aller bien par un travail invisible qui s’est facturé, plus tard, en troubles anxieux, en dépressions, en effondrements professionnels, en relations détruites, en années de thérapie pour des symptômes dont l’origine fonctionnelle avait été manquée.
Le DSM-5-TR a fini par le reconnaître en 2022 (American Psychiatric Association, 2022), en ajoutant à ses critères diagnostiques que « les symptômes actuels peuvent être masqués par des mécanismes compensatoires ». C’est tardif, et c’est encore minimal. Mais c’est l’admission officielle que ce que la clinique observe n’est pas la personne autiste, c’est ce qu’il en reste après le passage du masque.
VIII. Ce qu’on peut, et ce qu’on ne peut pas, demander aux personnes
Une partie de la littérature, par souci de bienveillance, conclut sur des recommandations adressées à la personne autiste : trouver des espaces sûrs, pratiquer le unmasking progressif, identifier ses besoins sensoriels, etc. Ces conseils ne sont pas faux. Mais ils déplacent le problème.
Le masking n’est pas un trait individuel à corriger ; c’est une réponse à un environnement. Pearson et Rose (2021) insistent sur ce point avec une fermeté politique salutaire : tant qu’on traite le masking comme un coping skill à ajuster, on demande aux victimes du système de s’arranger avec lui. La véritable question n’est pas comment apprendre à mieux démasquer ; elle est qu’est-ce qui, dans cet environnement de travail, rend le masque nécessaire à la survie. Tant que la réponse honnête sera à peu près tout, l’injonction au unmasking restera une forme de violence supplémentaire.
Les organisations qui prennent ce sujet au sérieux (et elles existent) déplacent la charge. Elles évaluent par les résultats du travail, non par la conformité des manières. Elles éclairent les attentes implicites pour les rendre explicites. Elles autorisent les stims, le port du casque anti-bruit, l’écrit plutôt que l’oral pour les réunions sensibles, la caméra éteinte. Elles forment les manageurs à reconnaître que « elle a l’air d’aller » n’est pas une donnée fiable, parce qu’elle est précisément ce que le masking est conçu pour produire.
IX. Ce que cela engage pour celles et ceux qui enseignent et soignent
Pour qui travaille dans les sciences humaines, et particulièrement dans les disciplines qui forment de futurs enseignants, cliniciens, ou décideurs, l’enjeu dépasse la simple mise à jour des connaissances. Il s’agit de transmettre que la grille déficitaire à travers laquelle l’autisme a été lu pendant des décennies a produit, mécaniquement, le masking qu’elle observe ensuite comme une capacité. Le serpent se mord la queue : la stigmatisation crée le camouflage, le camouflage retarde le diagnostic, le retard du diagnostic prolonge la stigmatisation, et l’on tient une économie complète de l’invisibilisation.
La rompre exige de reconnaître que ce que l’autiste ne montre pas, dans un environnement non sûr, n’est pas une absence, c’est un coût. Et qu’à chaque fois que nous saluons la bonne adaptation d’une personne autiste, nous serions plus justes de demander, doucement : à quel prix ?
X. Un mot sur la littérature francophone
La recherche francophone sur ces questions s’est constituée plus tardivement que l’anglo-saxonne, mais elle existe (et avec ses inflexions propres). Bernadette Rogé et son équipe toulousaine ont contribué à introduire le camouflage dans les revues scientifiques de langue française, notamment via Enfance (Hull et al., 2021, trad. fr.). Au Québec, Mathieu Giroux (chercheur autiste lui-même) a co-signé avec Isabelle Courcy (sociologie, Université de Montréal) et Aparna Nadig (École des sciences de la communication, McGill) un travail important sur le processus décisionnel du camouflage social (Giroux et al., 2024), qui prolonge en français la perspective de Pearson et Rose en l’articulant aux identités intersectionnelles. Jérôme Lapasset, psychomotricien au pôle de pédopsychiatrie du CH Le Vinatier à Lyon, a traduit dès 2017 l’étude qualitative princeps de Hull et al. (Lapasset, 2017), rendant accessible aux cliniciens francophones la première description structurée du phénomène. Julie Dachez (2023), docteure en psychologie sociale et figure publique de l’autoreprésentation autistique en France, en a fait un objet de vulgarisation scientifique exigeante. Côté grand public lettré, le réseau AIDE Canada (s. d.) propose des ressources francophones de qualité sur l’épuisement autistique, et le collectif AFFA (Association Francophone de Femmes Autistes) constitue, depuis bientôt dix ans, l’un des principaux relais francophones de cette littérature, souvent en amont des publications académiques.
Un programme mérite une mention particulière, parce qu’il porte précisément sur la question qui nous occupe : le projet CAMOU (Costa et al., 2024-2026), conduit à l’Université du Luxembourg (Faculté des sciences humaines, de l’éducation et des sciences sociales, Department of Behavioural and Cognitive Sciences) sous la direction d’Andreia Costa, en partenariat avec l’Association Fondation Bompard et la Fondation Autisme Luxembourg. Financé par la FIRAH (Fondation Internationale de la Recherche Appliquée sur le Handicap) sur la période 2024-2026, CAMOU étudie spécifiquement les facilitateurs et obstacles à l’accès à l’emploi et au maintien dans l’emploi chez les femmes autistes, en France et au Luxembourg, en croisant enquêtes et entretiens auprès de femmes et d’hommes, autistes et non-autistes. L’hypothèse de travail est double : d’une part, les femmes autistes mobiliseraient davantage le camouflage que leurs homologues masculins ; d’autre part, les dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle existants (pensés implicitement à partir du phénotype masculin de l’autisme) seraient structurellement moins efficaces pour elles. Le projet ambitionne de produire des recommandations opérationnelles à destination des employeurs, des accompagnants et des décideurs publics, en France comme au Luxembourg.
L’existence même de CAMOU constitue un indicateur important : la question du masking au travail n’est plus seulement un objet militant ou clinique en francophonie, elle commence à recevoir un traitement universitaire structuré, comparatif et financé. Pour qui enseigne la psychopédagogie en Belgique francophone, l’asymétrie géographique reste pourtant frappante : Luxembourg, France, Québec mènent l’agenda ; la Belgique francophone, à ma connaissance, n’a pas encore investi spécifiquement cette intersection autisme/travail/camouflage, ce qui dessine un espace de recherche manifestement disponible.
On notera plus généralement une asymétrie révélatrice : une grande part du travail conceptuel francophone le plus précis a d’abord été conduit hors de l’université française métropolitaine, soit dans des institutions périphériques (Luxembourg, Québec), soit par des cliniciens isolés, soit par des autistes eux-mêmes, ce qui rejoint le constat de Pearson et Rose sur l’antériorité de la connaissance vécue.
Références
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- AFFA — Association Francophone de Femmes Autistes. (s. d.). Articles scientifiques et ressources. https://femmesautistesfrancophones.com
- AIDE Canada. (s. d.). Comprendre le burn-out autistique. https://aidecanada.ca/fr/resources/apprendre/sant%C3%A9/comprendre-le-burn-out-autistique
- American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5e éd., text rev.). APA Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425787
- Arnold, S. R. C., Higgins, J. M., Weise, J., Desai, A., Pellicano, E., & Trollor, J. N. (2023). Confirming the nature of autistic burnout. Autism, 27(7), 1906–1918. https://doi.org/10.1177/13623613221147410
- Beck, J. S., Lundwall, R. A., Gabrielsen, T., Cox, J. C., & South, M. (2020). Looking good but feeling bad: « Camouflaging » behaviors and mental health in women with autistic traits. Autism, 24(4), 809–821. https://doi.org/10.1177/1362361320912147
- Cage, E., & Troxell-Whitman, Z. (2019). Understanding the reasons, contexts and costs of camouflaging for autistic adults. Journal of Autism and Developmental Disorders, 49(5), 1899–1911. https://doi.org/10.1007/s10803-018-03878-x
- Cassidy, S., Bradley, L., Shaw, R., & Baron-Cohen, S. (2018). Risk markers for suicidality in autistic adults. Molecular Autism, 9, 42. https://doi.org/10.1186/s13229-018-0226-4
- Cassidy, S., Gould, K., Townsend, E., Pelton, M., Robertson, A. E., & Rodgers, J. (2020). Is camouflaging autistic traits associated with suicidal thoughts and behaviours ? Expanding the interpersonal psychological theory of suicide in an undergraduate student sample. Journal of Autism and Developmental Disorders, 50(10), 3638–3648. https://doi.org/10.1007/s10803-019-04323-3
- Costa, A., Landfried, E., & Ollinger, J. (2024-2026). CAMOU — Facilitators and barriers to job access and retention among autistic women [Projet de recherche]. Université du Luxembourg, Faculté des sciences humaines, de l’éducation et des sciences sociales ; financement FIRAH. https://www.uni.lu/fhse-en/research-projects/camou-facilitators-and-barries-to-job-access-and-retention-among-autistic-women/
- Dachez, J. (2023, 7 novembre). Le burn-out autistique [Article]. LinkedIn. https://fr.linkedin.com/pulse/le-burn-out-autistique-julie-dachez-kwkie
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