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Le marteau et l’ultrasolution

Petit traité du sabotage amoureux, à l’usage de ceux qui ont déjà lu le premier tome

Le malheur solitaire est à la portée de tous ; le désastre partagé demande du métier. Watzlawick a publié le manuel des deux, et c’est le second qu’il faut lire quand on s’est déjà appliqué à saboter une relation en cours.

I.  L’homme qui n’avait pas de marteau

Un homme veut accrocher un tableau. Il a le clou, il n’a pas le marteau. Le voisin en possède un. Entre sa porte et celle d’en face, il y a trois mètres de palier : le temps, pour lui, d’instruire un procès complet. Le voisin l’a mal salué hier. C’était sans doute délibéré. Il refusera. De quel droit refuserait-il ? Il se croit tout permis, parce qu’il détient l’outil. L’homme sonne, la porte s’ouvre, et avant qu’un mot ait pu être prononcé de l’autre côté, il hurle qu’on peut le garder, ce marteau.

Watzlawick a placé cette parabole au cœur de Faites vous-même votre malheur, et elle reste la scène primitive de tout naufrage relationnel : la rupture est consommée avant la rencontre ; l’autre n’a rien dit, il n’a pas eu le temps de dire bonjour ; et pourtant il a déjà perdu. Ce qui rend le récit redoutable, c’est qu’il n’y a aucun mensonge dans l’affaire. L’homme ne s’invente pas un adversaire : il en construit un, méthodiquement, avec les matériaux dont il dispose : un salut ambigu, une mémoire complaisante, et cette forme supérieure de solitude qui consiste à ne dialoguer qu’avec la version de l’autre qu’on porte en soi.

II.  Deux manuels, un seul art

Le premier livre enseignait un art solitaire. Il fallait un talent certain pour se rendre malheureux tout seul, et Watzlawick, en 1983, prenait le contre-pied exact de la littérature de développement personnel qui envahissait alors les rayons américains : puisque tout le monde explique comment être heureux, expliquons plutôt comment on s’y prend pour ne pas l’être et le lecteur reconnaîtra ses propres procédés.

Trois ans plus tard paraît le second volume, Vom Schlechten des Guten oder Hekates Lösungen – littéralement : « du mauvais du bon, ou les solutions d’Hécate » -, que le Seuil publiera sous le titre Comment réussir à échouer. Trouver l’ultrasolution. Le déplacement est décisif : on passe du malheur privé au désastre partagé. L’ultrasolution y est définie comme cette solution si radicale qu’elle liquide le problème et, avec lui, tout ce qui l’entourait. Watzlawick la résume par une plaisanterie de carabin : « opération réussie, patient décédé. » Sa règle de production est simple, et c’est là que le livre devient un traité de la vie conjugale autant que de la géopolitique : il suffit de tenir pour acquis que la partie est à somme nulle, que l’on ne peut gagner que si l’autre perd. À partir de quoi il devient impossible que les deux gagnent, et coutumier que les deux perdent.

Le choix d’Hécate n’est pas décoratif. Déesse des carrefours, des philtres et des chiens hurlants, elle réapparaît chez Shakespeare pour énoncer la maxime qui gouverne tout le livre : le sentiment de sécurité est le premier ennemi des mortels. Sa stratégie n’est pas de nuire, mais de rassurer, d’endormir sa victime dans une certitude si confortable qu’elle organisera elle-même sa chute. Toute personne qui a saboté une relation en connaît la saveur : jamais on ne se sent aussi lucide qu’au moment précis où l’on est en train de tout détruire.

III.  « Plus de la même chose »

Le mécanisme, lui, avait été formalisé bien avant, dans Changements, avec Weakland et Fisch. Il y a des difficultés qui deviennent des problèmes du seul fait de la solution qu’on leur applique. Le changement de type 1 opère à l’intérieur du système : il déplace les pièces sans toucher aux règles, et sa devise tient dans une formule d’une simplicité tragique (plus de la même chose). Le changement de type 2 porte sur les règles elles-mêmes, et c’est pourquoi il paraît toujours absurde, illogique, voire déloyal à celui qui joue.

Traduisez en langue amoureuse. Elle demande une preuve d’attachement ; il se ferme, submergé ; elle en conclut qu’il faut demander plus fort ; il se ferme davantage. Aucun des deux ne fait quoi que ce soit d’irrationnel : chacun applique, avec une ténacité admirable, le remède qui produit le mal. La recherche empirique a baptisé ce circuit demande-retrait (Christensen et Heavey, 1990) : c’est l’un des corrélats les mieux répliqués de l’insatisfaction conjugale, sans que le sens de la causalité ait jamais été tranché.

S’y ajoute le troisième axiome de Une logique de la communication : la ponctuation des séquences d’événements. Chacun découpe la boucle de manière à ce que son propre comportement soit toujours une réponse, et jamais une cause. « Je me tais parce que tu m’agresses. » « Je t’agresse parce que tu te tais. » Le désaccord ne porte pas sur les faits (les deux récits sont exacts) mais sur l’endroit où l’on place le début. Et l’on ne discute jamais d’un désaccord de ponctuation : on le rejoue.

IV.  La preuve qui détruit ce qu’elle demande

Reste l’arme la plus fine du répertoire, celle que Palo Alto a isolée dès les travaux de Bateson sur la double contrainte : l’injonction paradoxale. « Sois spontané. » « Aime-moi sans que j’aie besoin de le demander. » « Prouve-moi que tu tiens à moi. » La preuve, si elle vient, arrive disqualifiée par le fait même d’avoir été réclamée ; si elle ne vient pas, elle confirme le soupçon. Le dispositif est parfait : il ne comporte aucune issue gagnante, et il désigne toujours l’autre comme responsable de l’impasse.

C’est ici que le sabotage cesse d’être une maladresse pour devenir une architecture. Celui qui construit ce type de test n’attend pas d’être rassuré : il attend d’avoir raison. Merton avait nommé cela en 1948, et Watzlawick en a fait l’un de ses motifs centraux (la prophétie qui crée sa propre confirmation). La crainte d’être abandonné produit les conduites qui font partir l’autre, et le départ vient ensuite certifier, rétrospectivement, la justesse de la crainte. Le système est clos, autovalidant, et procure à celui qui l’habite un plaisir dont il faut mesurer la puissance : celui de n’avoir jamais été dupe.

La psychologie expérimentale en a documenté une variante plus modeste et plus universelle, l’auto-handicap (Berglas et Jones, 1978) : on fabrique par avance la cause de son échec, parce qu’échouer pour une raison qu’on a choisie reste préférable à échouer pour une raison qu’on n’a pas choisie. Arriver en retard, boire un verre de trop, dire la phrase qu’il ne fallait pas : ce ne sont pas des accidents, ce sont des alibis. Freud appelait cela la compulsion de répétition et y voyait quelque chose de plus obscur que le principe de plaisir : le besoin de retrouver, encore, la scène où l’on a mal. Watzlawick, lui, se passe de cette hypothèse. Il énonce la précondition du malheur en une formule qui n’exige aucun inconscient dynamique : savoir empêcher sa main droite d’apprendre ce que fait la gauche. Il ne s’agit pas d’un contenu refoulé, mais d’une communication interrompue à l’intérieur d’un seul et même sujet, soit exactement le modèle que Palo Alto applique aux couples, appliqué cette fois à l’individu.

V.  Formulaire abrégé, pour praticiens confirmés

  1. Ne demandez rien. Attendez que l’autre devine. L’amour véritable est télépathe ; s’il faut expliquer, c’est déjà perdu.
  2. Exigez la preuve. Puis contestez-en la valeur au motif qu’elle a été demandée.
  3. Interprétez systématiquement au pire, et ne vérifiez jamais votre interprétation : la vérification est le seul risque réel encouru par le procédé.
  4. Tenez les comptes. Une relation est une balance ; toute générosité de l’autre est une dette qui vous humilie, toute générosité de vous une créance qu’il ne remboursera pas.
  5. Réécrivez le passé dans la lumière du présent. Si aujourd’hui va mal, hier allait mal aussi, et vous étiez simplement trop naïf pour le voir.
  6. Et surtout : lorsque la relation vacille, ne changez rien à votre méthode. Augmentez la dose.

VI.  Le retournement

Il faut maintenant dire pourquoi Watzlawick écrit ainsi, car l’ironie fonctionne ici comme un acte thérapeutique. Palo Alto avait fait de la prescription du symptôme un levier (demander au patient de produire délibérément ce qu’il subissait involontairement). Faire volontairement ce qu’on croyait subir, c’est cesser de le subir, quel qu’en soit le résultat : si l’on y arrive, on l’a fait ; si l’on n’y arrive pas, c’est qu’on peut ne pas le faire. Les deux petits livres ne sont rien d’autre que cette prescription portée à l’échelle du lecteur.

D’où la nouvelle, qui est mauvaise et excellente à la fois. Celui qui produit du désastre relationnel avec une telle régularité fait la démonstration d’une virtuosité rare. Il n’est pas la victime de ses histoires : il en est l’auteur. Cette phrase se lit d’abord comme une accusation ; elle est en réalité la seule bonne nouvelle disponible, puisqu’un auteur peut écrire autre chose.

Le changement de type 2 ne consiste pas à mieux jouer. Il consiste à mettre en doute la règle qui organisait la partie, précisément la règle de l’ultrasolution, celle qui veut que la partie soit à somme nulle. Watzlawick ouvre son dernier chapitre sur deux formules qui disent ensemble tout le problème : celle d’Alan Watts, pour qui la vie est un jeu dont la première règle consiste à décréter que ce n’en est pas un et qu’il faut être sérieux ; et ce vers de Laing, dans Nœuds : « Ils jouent à un jeu. Ils jouent à ne pas jouer à un jeu. » Un jeu dont la règle inaugurale est sa propre dénégation ne peut être renégocié par ceux qui y jouent : c’est ce qui rend le changement de type 2 si difficile, et si irrecevable lorsqu’un tiers le propose.

Et Watzlawick ajoute une précision dont il faut mesurer la portée : pour faire entrer une relation dans cet enfer, il suffit qu’un seul des deux partenaires tienne la vie pour un jeu à somme nulle. L’autre n’a pas à y souscrire ; il n’a même pas besoin de savoir qu’une règle a été posée. Mieux : quand bien même il ne tenait pas d’emblée l’existence pour un combat de rue permanent, il peut s’y laisser convertir, car il suffit d’entamer la partie à somme nulle au niveau de la relation pour que la tournure infernale soit acquise. Le saboteur n’impose donc pas seulement sa règle : il fabrique l’adversaire qui la validera, et se trouve ensuite confirmé dans le diagnostic dont il était parti. Voilà pourquoi le sabotage n’a jamais besoin d’être conclu à deux : il s’impose unilatéralement, et sa méthode ordinaire consiste à ramener toute difficulté relationnelle à la question de savoir qui a raison et qui a tort au niveau de l’objet, ce qui reconduit, sous une autre forme, le litige de ponctuation.

Watzlawick pose la question au chapitre « La vie est un jeu » (p. 114), sans y répondre : pourquoi nous est-il si difficile d’admettre que la vie n’est pas un jeu à somme nulle, et que nous pouvons gagner ensemble dès lors que nous cessons d’être obsédés par la nécessité de vaincre l’autre pour n’être pas vaincus par lui ? Il ajoute aussitôt ce que les maîtres du jeu à somme nulle ne peuvent pas concevoir : les joueurs, occupés à gagner pour ne pas perdre, oublient l’adversaire principal, qui est la vie, et tout ce qu’elle a à offrir en dehors de la victoire et de la défaite. C’est devant celui-là que les deux partenaires perdent ensemble. Le geste de type 2 ne consiste donc pas à convertir la partie en jeu coopératif ; il consiste à s’apercevoir qu’on s’était trompé d’adversaire.

Il faut noter enfin la manière dont Watzlawick sort de ce passage, car c’est le seul moment du livre où l’ironie cède. Il se reprend, constate qu’il vient de poser des questions rhétoriques, et rétablit aussitôt la distance derrière Nietzsche : la folie, rare chez les individus, est la règle dans les groupes, les nations et les époques. La question demeure sans réponse, non par prudence théorique, mais parce que l’auteur s’est surpris à parler au premier degré. Une page plus loin, le chapitre se referme sur une recommandation entièrement ironique : se servir du gros bâton une fois pour toutes et faire sienne la devise que le Kaiser affectionnait (beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur). La sincérité aura duré un paragraphe, encadrée par un aphorisme et enterrée sous une devise de lansquenet.

En 1983, l’année même où paraissait le premier de ces manuels, Beckett publiait Worstward Ho (que le français recevra huit ans plus tard sous le titre Cap au pire) et livrait au monde une formule promise à un destin ironique : rater encore, rater mieux. Elle est aujourd’hui imprimée sur des affiches de bureaux de start-up, transformée en encouragement, retournée en son contraire exact, ce qui constitue, pour le coup, une ultrasolution appliquée à Beckett lui-même.

Il n’en reste pas moins un dernier paradoxe, et Watzlawick l’avait prévu. Un manuel du malheur ne peut pas être appliqué sérieusement. Celui qui le lit pour vérifier qu’il s’y prend correctement a déjà, dans ce geste, échoué à échouer.

Références

Œuvres de Paul Watzlawick (1921-2007), Mental Research Institute, Palo Alto

  • Anleitung zum Unglücklichsein, Piper, Munich, 1983. Trad. fr. : Faites vous-même votre malheur, Seuil, Paris, 1984 (rééd. Points). Éd. angl. : The Situation Is Hopeless, But Not Serious: The Pursuit of Unhappiness, Norton, 1983. Renvois de chapitres d’après l’édition Seuil (119 p.) : « Quatre façons de jouer avec le passé », p. 21 sq. ; « Une histoire de marteau », p. 35 sq. ; « La poudre anti-éléphants », p. 49 sq. (comportement superstitieux) ; « Je l’avais bien dit ! », p. 55 sq. (prophétie autoréalisatrice) ; « Si tu m’aimais vraiment, tu aimerais l’ail », p. 69 sq. ; « Sois spontané ! », p. 83 sq. ; « Pourquoi m’aimerait-on ? », p. 91 sq. ; « La vie est un jeu », p. 111-115.
  • Vom Schlechten des Guten oder Hekates Lösungen, Piper, Munich, 1986. Trad. fr. d’Anne-Lise Hacker : Comment réussir à échouer. Trouver l’ultrasolution, Seuil, Paris, 1988 (rééd. 1991, puis Points). Éd. angl. : Ultra-Solutions, or, How to Fail Most Successfully, Norton, 1986. – Définition de l’ultrasolution ; règle du jeu à somme nulle ; figure d’Hécate.
  • Avec J. Helmick Beavin et D. D. Jackson, Pragmatics of Human Communication, Norton, 1967. Trad. fr. : Une logique de la communication, Seuil, 1972. – Axiomes de la communication, dont la ponctuation des séquences d’événements et les paradoxes pragmatiques du type « sois spontané ».
  • Avec J. Weakland et R. Fisch, Change: Principles of Problem Formation and Problem Resolution, Norton, 1974. Trad. fr. : Changements. Paradoxes et psychothérapie, Seuil, 1975. – Changement 1 / changement 2, « plus de la même chose », la solution devenue le problème.
  • How Real Is Real?, Random House, 1976. Trad. fr. : La Réalité de la réalité, Seuil, 1978 ; et (dir.) Die erfundene Wirklichkeit, Piper, 1981, trad. fr. L’Invention de la réalité, Seuil, 1988. – Constructivisme et prophéties autoréalisatrices.

Appuis complémentaires

  • G. Bateson, D. D. Jackson, J. Haley, J. Weakland, « Toward a Theory of Schizophrenia », Behavioral Science, 1 (4), 1956. – Double contrainte.
  • R. K. Merton, « The Self-Fulfilling Prophecy », The Antioch Review, 8 (2), 1948.
  • S. Berglas et E. E. Jones, « Drug Choice as a Self-Handicapping Strategy in Response to Noncontingent Success », Journal of Personality and Social Psychology, 36 (4), 1978.
  • A. Christensen et C. L. Heavey, « Gender and Social Structure in the Demand/Withdraw Pattern of Marital Conflict », Journal of Personality and Social Psychology, 59 (1), 1990.
  • J. M. Gottman et R. W. Levenson, « The Timing of Divorce », Journal of Marriage and Family, 62 (3), 2000. – Sur le mépris et le retrait comme prédicteurs de dissolution ; les taux de prédiction annoncés ont fait l’objet de critiques méthodologiques sérieuses (voir Heyman et Slep, 2001), qui invitent à en faire un usage descriptif plutôt que pronostique.
  • S. Freud, Jenseits des Lustprinzips, 1920. Trad. fr. : Au-delà du principe de plaisir. – Compulsion de répétition.
  • F. Nietzsche, Jenseits von Gut und Böse, 1886, aphorisme 156. Trad. fr. : Par-delà le bien et le mal. Cité par Watzlawick, p. 114.
  • R. D. Laing, Knots, Tavistock, Londres, 1970 ; trad. fr. Nœuds. Cité par Watzlawick au chapitre « La vie est un jeu », p. 111, avec la formule d’Alan Watts sur la règle numéro un du jeu — Watts y est présenté comme psychologue, ce qu’il n’était pas.
  • W. Shakespeare, Macbeth, III, 5. – Hécate et la sécurité comme ennemie des mortels. Réserve : l’attribution des scènes d’Hécate (III, 5 et une partie de IV, 1) est contestée de longue date, l’hypothèse d’une interpolation due à Thomas Middleton étant aujourd’hui largement admise.
  • S. Beckett, Worstward Ho, Calder, Londres, 1983 ; trad. fr. d’Édith Fournier, Cap au pire, Minuit, Paris, 1991.

Note de vérification

Toutes les références à Faites vous-même votre malheur ont été collationnées sur l’édition Seuil (119 p.). Le chapitre « La vie est un jeu », p. 111-115, se déploie ainsi : Watts et Laing, p. 111 ; distinction entre jeux à somme nulle et jeux à somme non nulle, exemple de la grève, p. 112 ; transposition aux relations interindividuelles et thèse selon laquelle un seul partenaire suffit à imposer la règle, p. 113 ; conversion de l’autre, oubli de la vie comme adversaire principal, question sur la somme non nulle et repli derrière Nietzsche, p. 114 ; clôture ironique sur la devise Viel Feind, viel Ehr’, p. 115.

Sur cette dernière : Watzlawick la présente comme l’expression favorite du Kaiser, ce qui est exact mais peut induire en erreur. La devise remonte au XVIᵉ siècle et est traditionnellement attribuée à Georg von Frundsberg (1473-1528), chef des lansquenets impériaux ; Guillaume II n’a fait que se l’approprier.

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